Manga – Comics – Roman graphique (celui-là me saoule) – Ouvrage – Livre… Ici, je vais simplement utiliser le terme BANDE DESSINEE. Je parle et j’écris en français, mais les humains aiment attribuer des noms « prout-prout » à tout. Je ne l’ai jamais caché, toutes ces fioritures me gonflent… Sylvain Ferret et Nevan ont produit ensemble un one-shot aux Éditions Delcourt/Tonkam et il est évident qu’il a tout du « manga ». Les deux artistes sont fans du genre et ont réussi avec brio à réaliser leur rêve, introduire le milieu des mangakas ! Si vous êtes comme certains à penser que l’on ne peut « imiter » la patte japonaise, je vous conseille de vous laisser absorber par le récit captivant de L’ombre de Moon.
Moon et Panpan, son compagnon de lutte, combattent dans le monde chimérique d’Ombre. Palier après palier le jeune homme avance dans sa quête. Au côté de son ami, il affronte d’étranges chevaliers afin d’atteindre le dernier niveau qui lui permettra de se libérer de ses tourments. Les duels sont éprouvants et ne semblent pas vouloir se terminer. Si Moon a un caractère taciturne, l’innocent Panpan est toujours d’humeur joyeuse. Les interactions sont pénibles, mais ses doutes et remises en question le sont encore davantage. Survenus au bout du tunnel, ils pensent quitter bientôt cet enfer. Cette confrontation décisive pour atteindre la phase finale, va pourtant laisser notre héros fort démuni, il y perd un bras.
Arrivé à la limite de ses forces, inconscient, il ne sait pas encore qu’un étranger en armure les a rejoints. Il sera leur guide pour les mener à l’esprit d’Ombre. S’ils arrivent en ce lieu, Moon pourra commencer son ultime ascension. Arès, ignore où l’emplacement se trouve, ils doivent donc parcourir d’innombrables chemins avant d’arriver à la mer miroir. Ce lieu mythique, n’a jamais pu être pénétré. On dit que le créateur y serait parvenu et que la dernière des fées s’y cache. Arès voit en Moon l’élu, il devrait d’après-lui pouvoir y accéder. Pour y parvenir, il y a malgré tout une condition, Panpan ne pourra pas faire partie du voyage.
Le voilà enfin à la fin de son calvaire. Vraiment ? Il est fort probable que cette partie du « jeu » fera naître en lui des souvenirs refoulés et que ceux-ci vont opérer plus de dégâts que tous les coups qu’il aura pris lors des démêlés avec ses adversaires.
Le choix des couvertures des compositions de Sylvain Ferret sont toujours percutantes. Que ce soit pour les trilogies : Les métamorphoses 1858 au côté d’ Alexie Durand publié par Éditions Delcourt et Talion chez Glénat, où il est seul aux commandes. Ce fut également le cas pour le volume qu’il a scénarisé aux Éditions Soleil pour la série Androïdes avec Antoine Tracqui au dessin. Elles sont sobres, mais dégagent une atmosphère des plus intrigantes. Une envie fiévreuse nous vient de les prendre en mains. Nevan, je l’ai suivi sur les réseaux sociaux et il aura fallu d’une seule planche pour que je sois totalement séduite par cette BD. Ils ne m’ont pas déçue. Ils ont su apporter à ce « Franga » (oui, je suis pathétique) tous les ingrédients pour me faire vivre un grand moment. Graphiquement, c’est ultra beau, l’intrigue est fichtrement bien ficelée et tous les personnages attachants et charismatiques. Les méchants sont vraiment méchants et l’action d’un dynamisme époustouflant !
Vous êtes lecteurs de mangas, vous avez encore des doutes, arrêtez donc de tergiverser et foncez chez votre dealer préféré et repartez avec ce titre qui va vous exploser les mirettes et vous emmener dans des vertiges étourdissants…
Chronique de Nathalie Bétrix

© Delcourt – 2024