ON VA TOUS CREVER

Très cher Tobias Aeschbacher, tu publies ta première bande dessinée On va tous crever chez HELVETIQ et je vais te dire un truc, ceci est un fait avéré ! Je me doute bien que tous les protagonistes de ton thriller, ne s’imaginaient pas que cela allait se terminer de cette façon-là. Après, il faut quand même le dire, tous ceux que l’on croise dans ton histoire, ont clairement cherché ce qui leur arrive…

Imaginez trois branleurs dans une automobile, qui se rendent à un endroit pour récupérer un objet qu’on leur a subtilisé. Sur place, un immeuble, dont les numéros affichés sur les portes sont posés de manière aléatoire. Là, on se rend compte que pour notre trio pas franchement fute-fute, dégoter l’appartement ne va pas être une partie de rigolade. Bon, y en a quand même un qui dispose d’un plan, ça devrait aller finalement.

On change de décor et on passe dans le logement recherché. Nous y faisons la connaissance de Marco et Claire. Très amoureux, mais un brin crapuleux, ils sont en train de cogiter afin de trouver une idée qui leur permettra de se faire plus de blé. La demoiselle informe au passage son mec, qu’elle a donné « le vase » déniché à une voisine. Ils sont arrêtés dans leur élan par des frappes sur leur entrée et se retrouvent face à notre triade mal embouchée. Le chef de bande les apostrophe et réclame l’article dérobé. Le couple ne comprend rien, le ton monte et des coups de feu sont échangés.

Tel un puzzle en formation, nous passons au locataire du dessus… Je vais arrêter là de mon palabre, vous narrer la suite serait franchement déplacé et pour ma part, si quelqu’un le faisait, il passerait un mauvais quart d’heure !

Avec cette BD traduite de l’allemand, l’auteur n’y est pas allé avec le dos de la cuillère. Biberonné aux films de Tarantino et à la pop culture, il a introduit dans ce récit, le côté absurde et loufoque que l’on retrouve dans les productions du cinéaste. Pour n’en citer que quelques-unes : Kill Bill, Jackie Brown, Pulp fiction ou Reservoir dogs. Vous allez me dire que c’est un peu gonflé de comparer le premier album d’un « sombre inconnu » au grand réalisateur qu’est Quentin Tarentino ! J’en assume complètement l’association, bien que je sache de source sûre, que je ne suis pas la seule à l’avoir faite.

On détient-là une comédie brute de décoffrage, animée d’un dessin nerveux, dont les personnages sont parfois dépeints comme une caricature de la populace prolo. Tous on l’air un peu bêtes et pourtant on s’y attache, parce qu’ils ont cette capacité de nous toucher par leurs airs un peu niais et maladroits. Les teintes dont il a affublé ses planches sont douces : du vieux rose, du beige et un dégradé de bleu, virant parfois au gris ou au violet. Le seul pigment qui ressort en divers endroits est le rouge. La couleur du sang !

Vous l’aurez certainement compris, ce petit ouvrage est une réussite, tant par son scénario vif, que par son trait naïf, mais efficace et je tiens à relever la chose suivante, son instigateur est de nationalité Suisse, ce qui pour moi est d’une importance capitale. Si vous êtes fans de polars en tout genre, je vous suggère de vous procurer ce livre et de vous y plonger sans tarder, faites juste attention aux balles perdues PAN !

Chronique de Nathalie Bétrix

© Éditions Helvetiq, 2024.

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