Lewis Trondheim, auteur inventif aux multiples talents, aime nous concocter des BD aux formats divers. Tout petits comme les Patte de mouche à L’association. Très épais avec Bludzee chez Delcourt. Au format à l’italienne pour le tome 8 des Nouvelles aventures de Lapinot. De poche pour sa série Les petits riens dans la collection shampooing. Mais aussi de grandeur tout à fait « classique » comme ses épiques Donjon. Parler de l’incontournable créateur pourrait me prendre toute la page, mais aussi une bonne partie de ma journée. Je vais donc m’arrêter là de mes palabres sur Mr Trondheim. Aujourd’hui, je veux vous parle de sa dernière sortie aux éditions Dupuis, une collaboration avec l’illustrateur Sergio Garcia Sanchez et la coloriste Lola Moral intitulée Chassé-croisé au Val Doré. Ces trois artistes ne nous offrent pas un ouvrage, mais quatre d’un coup. Ils sont emboités dans un joli coffret. Il va sans dire, que cet objet est à la fois détonant et original.
Un quartet de forme carrée, aux titres amusants. Ils sont enrichis d’un graphisme panaché, réalisé par un dessinateur bien inspiré et une coloriste à la palette pailletée. On peut les lire dans le désordre, ils ne sont pas numérotés, mais moi je vais vous en parler dans l’ordre de ma lecture. J’ai commencé par « Le garçon qui ne voulait pas de chat ». On y découvre Victor, qui s’installe avec ses parents dans une nouvelle maison. L’enfant un peu casse-pieds, après avoir brisé les tympans de ses géniteurs dans la voiture pour connaître l’heure d’arrivée, récidive pour avoir un chien quand il voit le jardin qui entoure la propriété. Le garnement a bien compris que plus il en use, plus il en obtient ! Parfois ça ne fonctionne pas, il se retrouve avec un chat. C’est bien connu, ces bêtes n’en font qu’à leur tête, Victor le trouve vraiment trop nul. Bon, vous allez me dire que ce récit n’a rien de bien canon, et pourtant. La suite de l’aventure va voir débouler un chien détraqué et le président de la République qui souhaite utiliser les cabinets (?!). Tout est bien qui finit bien.
Deuxième volet et second style graphique : Nous voilà en compagnie de « chien », le toutou maboul qui était à la poursuite de Victor. Vous suivez ? Une petite boule de poils qui vit avec sa maman et ses frères et sœurs. Que la vie est belle. Un jour on l’emmène, il se retrouve avec un géant et deux petits modèles, des jumelles. Le grand n’est pas bien sympa, mais les plus jeunes adorent jouer avec lui. Je vous passerais les détails des mésaventures des frangines, pour en revenir au plus important. Le canidé qui tournicotait bruyamment autour du bambin, voulait seulement attirer son attention, il avait vivement besoin de son aide.
Pif paf pouf, on passe au suivant et les teintes pour celui-ci sont le noir, le blanc et le gris : Lou petit fantôme lunaire, parcourt les pages du livre et nous conte ses ennuis. Comme, elle bataille durement avec sa solitude, la fillette taquine les esprits. Un murmure, comme un appel, la pousse dans le ciel et elle retrouve « Wafi ». Les circonstances font que l’animal et l’humaine se comprennent parfaitement, il peut donc lui demander son aide pour secourir Marion.
Toute bonne chose a une fin et le fantastique prend la main dans ce dernier volet ! Tout de beige et de bleu vêtu, le chef d’état qui voulait traiter des milliers de dossiers, se voit contraint de guerroyer avec des vampires, morts-vivants, gargouille et autres momies. Être à la tête d’un pays, ce n’est pas ce qu’on lui avait promis. Sergio Gracia Sanchez, les contes de fées il connait, il a donné vie et a mené la vie dure, avec Nadja Spiegelmann, à Blancaflor (aux éditions Rue de Sèvres) et à son prince charmant qui l’était vraiment. Le haut dignitaire, lui ne trouve que des mécréants
Je n’ai qu’une chose à dire, une création comme celle que vient de nous offrir ces trois interprètes j’en mangerais bien tous les matins à mon déjeuner ! Quoi, comment ça, qui a dit que le papier ne se mangeait pas ! Pffffffffff….
Chronique de Nathalie Bétrix


© Éditions Dupuis, 2023.