Plus que deux semaines pour courir voir l’exposition Ginette Kolinka, itinéraire d’une survivante d’Auschwitz, à la Maison de la bd de Blois. Cette exposition, qui rentre dans le cadre des « Rendez-vous de l’histoire, a la force de combiner panneaux réalisés par le Mémorial de la Shoah et planches de la Bd Adieu Birkenau, de Jean-David Morvan, Victor Matet, Efa, Cesc et Roger Sole, d’après le témoignage de l’ancienne déportée – aux Éditions Albin Michel. Grâce à une projection au fond de la salle, la voix de Ginette nous accompagne. Énergie exceptionnelle de cette témoin, âgée de 98 ans. Après des années de silence,l’importance de parler, de transmettre, de dire non à la haine, s’est imposée à elle. Et aujourd’hui, le devoir de mémoire s’impose, une fois de plus, à nous. Ne pas oublier, de la participationde la France à la déportation, à l’absence d’oiseaux dans le camp ; de la déshumanisation des prisonniers à leur extermination. En cela, chaque planche résonne, amplifiée par les autres médias rassemblés ici. Les dessins réalisés sur place, clandestinement, par différents auteurs, ou par les soldats britanniques à leur arrivée sont à ce titre édifiants. Tout comme le bout de feuille où notre héroïne écrit, une fois libérée : « retour juin. 25 kg. » car c’est le poids qui était le sien une fois revenue de l’enfer.
Il faut voir dans leur format original ces planches, où l’étau se resserre (on se souvient de toute la métaphore de Maus sur les juifs prisonniers comme dans une souricière) ; où les prisonniers deviennent des ombres qui arrêtent de réfléchir, et dont le moteur est la peur ; où la couleur laisse place au noir et blanc quand le mensonge sur les chambres à gaz est abominable – « après la douche, j’ai du travail pour les menuisiers ». La photographie de Ginette avec sa famille imprime la rétine – le père et le frère ayant
été par la suite exterminés. Mais elle est toujours là, et nous avons la chance de pouvoir la lire et l’écouter.
Nous avons déjà parlé sur L’accro des bulles de l’autre BD consacrée à cette histoire : « Ginette Kolinka, récit d’une rescapée d’Auschwitz-Birkenau« , de la jeune Aurore D’Hondt chez Des ronds dans l’O. Jean-David Morvan et elle ont participé à une table ronde samedi 7 octobre à Blois – toujours dans le cadre du programme des rendez-vous de l’histoire Autour de Ginette Kolinka, pour témoigner encore et toujours. La BD est un média supplémentaire pour le travail, essentiel, de transmission de l’histoire : réjouissons-nous de tous ces événements et saluons tout le travail réalisé, remarquable.
Images et texte: Mélanie Huguet – Friedel.














