DÉMONS STAR

En découvrant Démons Star, nous constatons que les éditions Michel Lafon continuent de proposer des ouvrages de qualité, aussi divers que variés, alternant les drames sincères et les comédies excentriques et ce, pour notre plus grand plaisir.

Yusuke Kokubo a tout juste 15 ans, il se destine dans un premier temps à faire une belle carrière d’avocat, en suivant rigoureusement ses cours, dans un lycée au cadre agréable et dans une ambiance sympa. Raté… L’ultime roi de la poisse (lui-même se surnomme ainsi) va se retrouver dans le pire de tous les lycées du Japon, celui de Miyato dans lequel la force prime sur tout le reste. Un coup du sort va lui permettre d’entrevoir une lueur d’espoir, à condition de s’affirmer et d’avoir, enfin, un peu de chance.

Les premières pages du récit expliquent les mésaventures qui le contraignent à aller dans ce lycée peu reluisant. Elles sont réellement hilarantes, en quelques dessins seulement, on comprend pourquoi le malheureux se retrouve dans un tel endroit. Les situations imaginées sont vraiment bien pensées.

Son arrivée dans l’établissement ne va pas se faire dans la discrétion, autant reconnaître qu’il ne fait pas dans la demi-mesure. Son comportement particulier va lui faire gagner des points auprès d’autres élèves quelque peu ravagés. C’est le début d’une belle amitié avec plusieurs personnages secondaires, tous aussi loufoques et décalés que Yusuke.

Mikuni Shin, l’illustrateur, a fait ses armes avec des grands noms, comme Hiro Mashima, le créateur de Fairy Tail. On sent d’ailleurs une aisance à illustrer des situations comiques.

On est happés par la narration de Abe Shuji, ce qui prouve ses compétences de scénariste.

Pour commencer, l’histoire ne semble pas très originale, c’est un thème souvent traité au Japon, des collèges / lycées ou les étudiants sont des cas désespérés, des délinquants de la pire espèce ou simplement des jeunes tordus. On peut ici penser un peu à GTO, manga cultissime s’il en est, ou même au manhwa High School, qui raconte les histoires d’une bande de jeunes hommes complètement déjantés. Pour une fois, le personnage principal, n’est pas un héros traditionnel, c’est juste un jeune ado poursuivi par la guigne.

Le récit s’installe rapidement, c’est clair et concis, nous comprenons vite ce qu’on nous propose, c’est rythmé et décalé. Au final, ça reste assez peu violent, par rapport aux craintes qu’on pourrait avoir au début. Les scènes de combats sont complètement désacralisées par l’aspect burlesque du héros.

Concernant les dessins, les planches sont bien découpées, permettant ainsi à l’action d’être haletante tout en étant très claire. Les personnages sont très expressifs et leurs mouvements parfaitement exécutés. Ce que j’ai également beaucoup apprécié, ce sont les expressions du visage de Yusuke, elles sont vraiment mythiques. Les têtes que le dessinateur arrive à lui créer valent à elles seules la lecture du manga.

Sincèrement, c’est réussi. J’ai ri pendant les 3/4 du tome alors qu’il n’y a pourtant rien qui révolutionne le genre, c’est juste la façon dont le manga est traité. Je lirai les autres, dans l’espoir de passer un aussi bon moment. Deuxième tome sorti en juin et 4 à prévoir en tout, je ne risque pas grand-chose, à part sourire tout seul dans mon coin. En tout cas, ce fut un plaisir et une belle découverte.

Chronique de Camille Rappeneau.

© Éditions Michel Lafon, 2023.

Un commentaire Ajoutez le vôtre

  1. Avatar de Juju Juju dit :

    Je m’attendais à un manga de « baston » en mode Furyo dans un lycée de racailles. Et j’ai été agréablement surpris par l’humour. Ce manga m’a beaucoup fait rire ! Le tome 2 vient de rejoindre ma PAL. Comme toi, j’espère ce que cette série continuera à me faire rire et sourire 🙂

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