REVANCHE

L’œuvre d’Alex Baladi est considérable. La plupart de ses titres sont édités à L’Association ou par l’éditeur Atrabile. Avec son dernier opus, Revanche, paru cet été chez Hoochie Coochie, il nous transporte dans les contrées fabuleuses et vastes du Far West. Il lui aura fallu plus de neuf ans pour achever cette histoire et si l’idée initiale de cet album était claire pour lui dès le début, il l’a souvent différée pour imaginer d’autres projets. L’attente a pu sembler longue, mais la réalisation définitive de ce roman graphique aux nombreuses pages est à la hauteur de mes espoirs.

L’ouvrage est paré de la couleur du soleil, on ne peut donc pas le manquer au milieu des abondantes sorties de cette fin d’année. J’ai toujours aimé le trait chaloupé de Baladi et sa façon bien à lui de mettre ses intrigues sur papier. Son noir et blanc est soutenu et ses personnages ont du caractère.

Sa mise en page non conventionnelle ressemble à un patchwork réunissant de petites cases parfois carrées, rectangulaires ou en forme de nuages et des illustrations en pleine page. Le bédéiste joue avec ses compositions et ce qui en ressort est juste époustouflant. Dans Revanche, il s’en est donné à cœur joie et le rendu final est une explosion visuelle de toute beauté. Si tout cela est bien sûr agrémenté de paroles, je l’aurais aimé tout autant s’il était resté muet.

Tout débute par le meurtre d’un général dans le bordel de la city. Le meurtrier a avoué, pourquoi douter de sa culpabilité ? Profitant de tout ce désordre, des brigands ont braqué la banque. Pour cette petite ville plutôt tranquille, ça fait quand même beaucoup de barouf. Zerelda Sanchez dite la naine Mexicaine ou encore « Madame » remplaçante de la patronne, ne semble pas trop contrariée par cet incident. Il faut dire que depuis cet épisode sanglant, elles ont encore plus de clients. Il y a toutefois un défilé de drôles de gaillards. Ils franchissent l’entrée de la maison close et demandent tous après Ursina Zermatt. Celle-ci semble pourtant repartie dans son pays natal, en Afrique ou Dieu sait où… Mais que peuvent bien cacher tous les protagonistes qui vont intervenir tout au long de cette stupéfiante mésaventure ?

Le scénario est extraordinairement mené, il déborde de rebondissements. Nous suivons tour à tour notre tueur à gages dans sa cellule, les belles-de-nuit, ainsi que les impitoyables bandits. De multiples acteurs rentrent en scène et nous font voyager dans de luxuriantes contrées et d’incroyables paysages. De l’un à l’autre, le puzzle se met en place et le dénouement nous laisse la liberté d’échafauder la fin à notre guise…

J’aime le genre Western en bande dessinée et Revanche est certainement l’un de ceux qui sort du lot tant par son écriture que par l’éclat de ses figures graphiques.Saupoudré d’allusions à la Suisse et enrichi de bulles écrites en suisse-allemand, Baladi auteur trop peu connu, est clairement un ambassadeur respectable. Il n’est jamais trop tard pour aller à la rencontre de ce fabuleux artiste. Son catalogue est prolifique et varié, alors n’attendez plus pour courir chez votre libraire et vous approprier le travail de cet étonnant créateur !

Chronique de Nathalie Bétrix

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