Sacrées sorcières

S’il y a beaucoup d’adaptation de romans en bandes dessinées depuis un certain temps, il manquait assurément celle d’une des œuvres de Roald Dahl. C’est maintenant chose faite, cela grâce aux éditions Gallimard, au talent de Pénélope Bagieu et de ses qualités graphiques. J’ai été très vite emportée par le dynamisme de la mise en page et le rythme du récit. Elle a su exactement trouver les passages qu’il fallait retenir de l’histoire pour créer la version dessinée.

La première chose que j’ai entrepris, quand j’ai eu l’ouvrage en main, c’est de lire le résumé au dos. « Les enfants sont répugnants ! Ils puent ! Ils empestent ! Ils sentent le caca de chien ! ». Ça m’a complètement envoûtée. Roald Dahl, je l’ai découvert lors de mes premières années en tant que libraire dans un rayon jeunesse. J’ai pourtant lu un nombre incalculable de roman étant enfant, mais cet auteur je l’ai dévoré sur le tard.  MatildaLe bon gros géantCharlie et la chocolaterie, et pour les plus jeunes Fantastique maître RenardUn amour de tortue, ainsi que  L’énorme crocodile. J’en passe et des meilleurs… Que des récits qui m’ont fait rire aux larmes, frémir et vivre de belles aventures !

Pénélope Bagieu, avec son coup de crayon moderne et coloré, est tout à fait dans l’esprit de l’auteur. Lui, ses textes sont une myriade de couleurs, et elle a la capacité de changer de style d’un titre à l’autre. Même si l’on reconnaît chaque fois sa patte, elle peut passer d’une ligne épurée, comme dans les  Culotées, à celle plus ronde pour  Joséphine et enfin celle colorée et zinzin de  Sacrées Sorcières. Ce dernier opus contient 300 pages. Quel délice !

J’y ai retrouvé tout ce que j’aimais dans les livres que je lisais plus jeune. Des sorcières monstrueuses, méchantes, de la potion magique et des enfants débrouillards, malicieux et assoiffés d’aventures. Je crois bien que plus j’avançais dans les chapitres, plus je retombais en enfance.
Les sorcières diaboliques veulent se débarrasser de tous les enfants. D’abord, ceux d’Angleterre, avant de s’attaquer à ceux du monde entier. Pour ce faire, elles doivent les transformer en souris. Malgré la transformation en rongeurs, ils vont se battre bec et ongles pour en venir à bout. J’adore le passage où notre petit gars se rend dans la cuisine de l’hôtel où sont réunies les harpies. Il doit aller verser de leur potion, dans la soupe qu’elles vont bientôt déguster. Tout le passage m’a fait penser à une scène du film  Ratatouille  de Pixar. Celle où la petite bête court un peu partout, entre les casseroles et les établis. Ça virevolte dans tous les sens. J’ai frémi, de peur qu’il se fasse attraper tout comme la souris du film d’animation…

On y apprendra à faire le philtre qui transforme les chérubins en rongeur et surtout comment reconnaître ces mégères pour ne pas se faire capturer ! Vous voulez quelques indices ? Elles portent des gants pour cacher leurs griffes et doigts fripés. Elles portent des perruques pour cacher leur calvitie et se grattent la tête à tout va. Pour finir, quand elles ouvrent la bouche, leurs dents sont légèrement teintées d’un bleu myrtille…. Chut, je n’en dirai pas plus, à vous de lire maintenant la suite de cet extraordinaire grimoire…

Chronique de Nathalie Bétrix

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