Corto Maltese T14 Equatoria

Coup de projecteur sur Equatoria un album événement édité par Casterman dans lequel on a le plaisir de retrouver Corto Maltese l’alter ego de son créateur, le marin énigmatique, érudit et mélancolique dans de nouvelles aventures comme toujours pleines de références historiques, géographiques, littéraires et cinématographiques.

Les ayants droit de Corto Maltese ne s’y sont pas trompés en portant leur choix sur Juan Diaz Canales pour redonner vie au personnage qui fête cette année ses cinquante ans et qui reste l’une des figures emblématiques du neuvième art.

Ils ont choisi un connaisseur de l’œuvre, un passionné dont le talent de conteur n’est plus à démontrer. Il s’est naturellement tourné vers son compatriote Ruben Pellejero dont il admirait le travail et avec lequel il fantasmait de collaborer. Ce dernier, après une courte réflexion a saisi l’opportunité magnifique qui s’offrait à lui.

Les deux artistes qui assurent avoir eu une totale liberté parviennent admirablement à poursuivre la série tout en respectant la chronologie du personnage, l’univers et surtout la ligne graphique.

Dans notre monde manichéen et simpliste, retrouver Corto Maltèse est un réel bonheur car c’est un héros complexe, libertaire, amical et bienveillant, qu’il est peut-être le dernier aventurier des temps modernes et qu’il arrive encore à nous faire rêver.

Dans ce quatorzième volume, le scénariste a su trouver l’équilibre subtil entre la documentation et l’imaginaire, entre les faits réels et les situations romanesques, il a réussi comme le faisait Hugo Pratt à suggérer plutôt que de montrer. Cet épisode est marqué par la présence de femmes fortes et intrépides et la participation remarquée de Winston Churchill sur lequel à peu près tout le monde se trompe. L’intrigue est savamment distillée, elle nous embarque efficacement

De son côté, Ruben Pellejero excelle, il se rapproche parfaitement du maître italien et de son trait vif à l’encre noir. Pour ce projet, il est revenu à un dessin épuré cohérent mais il apporte une plus-value en donnant aux lecteurs plus d’éléments que le faisait son prédécesseur. Ses ambiances sont plus riches, plus solides aussi.

Equatoria se décline en deux versions offrant deux expériences de lecture, une version noir et blanc plus forte, plus directe qui ravira sans doute davantage les amateurs de la première heure et une version colorisée. Les couleurs y sont douces, variées et sensuelles. L ‘illustrateur joue avec elles offrant une version singulière, lumineuse et moderne.

Avec cette histoire comme avec la précédente, les auteurs signent un roman dessiné splendide, ils relancent d’une très belle manière cette belle et envoûtante saga et on espère que leur prochain album sera de cette trempe .

 

 

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