THE NICE HOUSE BY THE SEA

La fin du monde a eu lieu. Des chanceux, si on peut les appeler ainsi, ont été sélectionnés pour représenter ce qu’il y a de meilleur en l’humanité. James Tynion IV, Álvaro MartÍnez Bueno et Jordie Bellaire organisent une querelle de lofts avec ce nouveau cycle baptisé The Nice House by the Sea aux éditions Urban Comics. Le ravalement de façade frôle le désastre.

L’apocalypse doit se déchaîner inexorablement, une race extraterrestre s’est infiltrée parmi les hommes afin de sauvegarder l’histoire évolutive de la lignée humaine.

L’alien Walter décida d’épargner ses amis proches voire intimes non sans que cela ne provoque certains remous au sein de sa communauté.

Sa congénère Max est beaucoup plus protocolaire, elle suit les instructions à la lettre en réunissant dix individus exceptionnels dans leur champ de compétences ou domaine d’expertise.

L’hôte a choisi l’acteur Oliver London Clay, l’historien Henry Allen, la chanteuse Cherri Campbell, l’artiste Soko Tanaka, l’écrivain Victor Pace, la scientifique Quinn Thomas, le médecin Hector Aguilar, la sénatrice Margaret Collins, le Père Freddie Beaumont et le mathématicien Bob Washington.

Max leur offre le gîte et le couvert dans un cadre idyllique malgré les incompatibilités d’humeur voire la can-do attitude requise.

Le groupe profite à sa manière des joies de l’existence et des plaisirs de la chair. La plage, le sable chaud et l’océan à perte de vue favorisent un esprit très sex, fun and sun.

Pourtant par un soir d’orage, la foudre ouvre une brèche donnant accès à une autre demeure. Les survivants prennent conscience qu’ils ne sont plus les seuls.

Pour les miraculés du littoral, il n’est point question de partager leur petit coin de paradis.

Les résidents des maisons du lac et ceux du bord de mer vont entrer dans un conflit fratricide.

Walter versus Max, quelle confrérie prendra l’ascendant sur ses voisins ?

James Tynion IV transpose son concept simple mais puissant vers des horizons originaux et en profite pour étoffer son casting. Il bâtit son script à l’aide d’une édification scénaristique infaillible. L’auteur aime ses personnages. Il ne cesse de les développer sur le plan émotionnel, les interactions tiennent une place prédominante. Le récit vogue entre romantisme, drame et bizarrerie. Tynion IV rédige un thriller poétique d’une incroyable noirceur. L’intrigue exploite des facettes complexes et de multiples rebondissements doux-amers. The Nice House by the Sea pareil à the Lake, est une passerelle où le classique flirte avec le fantastique pour culminer à un point de tension trépidant.

Álvaro MartÍnez Bueno et Jordie Bellaire concoctent une mise en abyme graphique sublime. En excellent storyteller, l’espagnol élabore une composition aussi spatiale que cinématographique. Le crayonné se déploie grâce à un style consciencieux et organique. Le séquençage est conçu pour s’étaler sur l’intégralité de la surface disponible, l’agencement des cases et plans se croquent sur le gril. L’encrage se répand sur l’esquisse de la même manière que l’asphalte, la substance noirâtre imprègne chaque centimètre-carré du dessin afin de lui donner du corps et une texture charnelle. Jordie Bellaire instaure un éclairage alerte. Sa colorisation mixte tons anxiogènes, grisâtres à un assortiment de nuances hétéroclites et pyrotechniques. Les braises numériques attisent une illustration qui ne demande qu’à s’enflammer.

Cette suite inédite parue chez Urban Comics sent le soufre et la destruction. La guerre des lotissements est déclarée, elle promet un jugement dernier en apothéose. Argh, voilà parfois ce qui arrive lorsque l’on cède aux sirènes de la colocation…

Chronique de Vincent Lapalus.

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© Urban Comics, 2025.

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