L’extinction des dinosaures nous passionne… Comment autant d’animaux, si forts, ont-ils été rayés à jamais de la surface de la planète ? Parce que la vie se révèle fragile face aux évènements climatiques et géologiques… En y ajoutant l’action de l’homme, qui est démesurée, il faut se rendre à l’évidence : nous vivons la sixième extinction mondiale d’espèces vivant sur la Terre. Pour nous expliquer cette information majeure, l’idée a germé d’adapter en bande dessinée le livre écrit par Bruno David, ancien directeur du Muséum National d’Histoire Naturelle : « à l’aube de la sixième extinction » – en lui proposant d’être le scénariste. Qui mieux que l’excellent Simon Hureau, dessinateur multi-primé qui nous régale de merveilles graphiques colorées et pleines de vie, pour relever ce défi ? Le résultat, aux éditions Rue de Sèvres, est formidable, immersif et étonnant. Le vivant à vif donne un panorama complet de la problématique en 164 pages, dans un style très pédagogique puisque l’histoire est expliquée à deux lycéens, en allant sur le terrain – quitte à remonter le temps par tranche de dizaine de millions d’années. De superbes dessins, grand format, pour un message écologique fort, à mettre sous un sapin de Noël alternatif ! L’album est nominé au prix BD de la connaissance du Cabaret Vert 2025, c’est amplement mérité.
Deux lycéens partent en exploration de leur environnement pour préparer un exposé sur la 6ème extinction. Démunis, ils reçoivent l’aident de plusieurs scientifiques chercheurs du museum, passionnants : une écologue les amène découvrir la richesse de la biodiversité et de nos interactions avec elle. Allez, hop, ils embarquent dans une carriole tirée par une autruche, puis continuent en vélo, et à cheval ! Il faut dire que l’action de l’humain est multiple : énergie, transports, alimentation… Petit à petit, certaines espèces sont menacées, d’autres au contraire s’adaptent au point de devenir envahissantes ou nuisibles… La spécificité des milieux diminue. Un paléontologue fait ensuite traverser les ères géologiques aux enfants, afin de démontrer que les crises sont de longs déclins de la biodiversité. L’exposé sera brillant, mais risque d’être déprimant… Heureusement, un murmure grandit un peu partout, fait de toutes les actions positives !
Après nous avoir régalé avec l’oasis, Simon Hureau continue de nous offrir des dessins naturalistes à l’aquarelle exceptionnels, riches en couleur et en diversité. Poissons, dinosaures, oiseaux et mammifères sont nombreux au rendez-vous. Sans parler des coulées de lave, météorites, ciels étoilés… La traversée temporelle est riche en actions, il faut s’accrocher aux branches et lianes, franchir les paysages glacés et ceux composés de fougères arboricoles, fuir les prédateurs et tsunamis, avant de retrouver nos belles toitures contemporaines en ardoise. Un feu d’artifice graphique pour admirer la vie sur notre belle planète, garder espoir et donner l’envie d’agir.
Alors que la 16ème COP mondiale (conférence des parties) pour la biodiversité n’a pas permis d’aboutir à un accord sur le financement de la protection de la nature, et à l’heure du black Friday, il est bon de revenir à l’essentiel. Le changement doit venir de chacun de nous, la prise de conscience est une étape essentielle. Le vivant à vif, est à ce titre une contribution centrale, mais aussi un des albums BD marquant de l’année 2024 par ses dessins extraordinaires.
Chronique de Mélanie Huguet – Friedel.
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