Cobra Commander – À la conquête du monde

Joshua Williamson est sur tous les fronts. Après le lancement de Duke au sein de la collection Energon Universe, il s’attaque à la genèse de l’antagoniste le plus emblématique des G.I. Joe assisté d’Andrea Milana et Annalisa Leoni. Cobra Commander – À la conquête du monde aux éditions Urban Comics où comment les ordures portent leur enfer en eux.

Une guerre civile a éclaté sur l’astéroïde Cybertron, il en est de même pour Cobra-La. Le satellite abrite une espèce intelligente reptilienne, ce peuple ne vénère que l’organique à l’inverse des cybertroniens.

La capture d’un spécimen mécanisé leur a permis de tracer une source d’énergie surpuissante échouée sur Terre. Le diabolique Cobra Commander y est parachuté afin de récupérer cette ressource et asseoir la suprématie de Cobra-La sur le reste de l’univers.

La piste va le mener aux marais des Everglades en Floride. Aux tréfonds de ce coin boueux et visqueux, l’Energon est un puits intarissable. Il est récolté et raffiné par les Dreadnoks, une bande de motards pervers et armés.

Le gang revend ensuite le matériau sous le manteau à M.A.R.S. Industries et à son énigmatique PDG Destro.

Une OPA hostile s’impose, la peur est un excellent moteur.

Ce vil crotale s’imagine déjà comme le leader suprême de plusieurs planètes. Telle l’Hydre de Lerne, coupez une tête et deux repousseront à la place.

Joshua Williamson continue son exploration de la licence Hasbro en rédigeant les mésaventures du côté obscur. Il avoue adorer les crapules, elles l’ont toujours fasciné. Le récit fraye avec l’horreur, les situations insoutenables et une succession de péripéties haletantes. Le rythme de la narration et les dialogues perforent comme des ciseaux et taillent en morceaux. L’intrigue n’implique pas seulement de l’action mais aussi des enjeux et un vrai travail de fond sur les protagonistes. L’auteur donne vie à un formidable casting de bad-guys sadiques et complètement déjantés aux motivations souvent tordues. Il se dégage de ce pugilat entre super-vilains un ton irrévérencieux côtoyant humour noir, cruauté humaine et origines extraterrestres. Alors pourquoi les titres sur les méchants trouvent-ils leur public ? Tout simplement parce qu’ils sont terrifiants, séduisants et attisent notre curiosité.

Andrea Milana signe une mise en scène tempétueuse en employant un style semi-réaliste, il dynamite ses pages grâce à un trait anguleux et des lignes disproportionnées. Son séquençage sans fioriture se croque en 3 ou 4 coups de crayon nerveux que l’artiste peaufine à l’aide d’un encrage incisif. L’italien possède une esthétique brute de fonderie, ses cadrages disparates ainsi que les gros plans s’imbriquent impeccablement aux planches. L’illustrateur est ultra efficace sur chaque angle et posture. Ses personnages sont expressifs, ils possèdent de la stature à l’image. La violence est omniprésente, elle s’exhibe crûment sinon de manière hors-champ en gardant un impact extrême. Annalisa Leoni badigeonne l’ensemble de couleurs saturées afin de contrebalancer la noirceur du script. Les différentes nuances de vert, bleu s’accordent aux autres pour accentuer l’atmosphère anxiogène qui se dégage du dessin. Le graphisme crache son venin.

Le partenariat entre Skybond et Hasbro nous promet des heures de lectures avides au format superproduction. Le poison mortel du comic-book coule dans nos veines avec l’arrivée prochaine de Destro – Seigneur de guerre et Scarlett – Mission Spéciale.

Chronique de Vincent Lapalus.


©Urban Comics, 2024.

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