Quelle satisfaction de voir paraître la suite d’une histoire qui m’a séduite !
Forcément pour ce second tome qui clôt le diptyque de La baroque épopée du monde qui ne voulait plus tourner, édité chez Drakoo, je ne me suis pas posée de questions et j’ai allégrement
repris la route astrale de la planète Ordane et plus précisément d’Omnamül, capitale de l’Empire du Bord.
Christophe Arleston avait clos son premier opus sur un cliffhanger absolument insoutenable : Altek, héritier légitime de l’Empire, allait-il réussir à empêcher son oncle et régent, l’odieux Lompyste, de
mettre ses plans, machiavéliquement ourdis, à exécution ? Irliti, l’astrante, allait-elle trouver des réponses dans les ruines de la cité Eïdes ? La princesse Lythek allait-elle se remettre de sa narcolepsie
galopante ? Saurait-on enfin pour quelles raisons un duo de corbeaux se promène sur toutes les pages ?!!
C’est tambour battant que le second tome débute : touchée par un mal mystérieux, Ordane, après avoir ralentie, s’est tout à fait arrêtée ; provoquant la hausse des températures sur l’une de ses faces, la baisse drastique de celles-ci sur l’autre et plongeant la capitale, située à mi-chemin, dans un climat crépusculaire… particulièrement propice à l’accueil des populations durement éprouvées par le cataclysme atmosphérique ; au grand dam des habitants de la ville qui se demandent bien comment nourrir tout ce monde… C’est dans ce contexte que prend place l’ensemble d’intrigues savamment orchestrées par l’auteur. On retrouve Altek et Irliti, épaulés par deux pickpockets, en quête de réponses pour faire à nouveau, au sens littéral, « tourner le monde », Lompyste fermement décidé à faire assassiner son neveu et épouser sa nièce pour garantir sa place sur le trône, et toute une galerie de personnages savoureux ! De Parmotte, roi des voleurs d’Omnamül à Grish, l’oncle bienveillant en passant par les maginieurs et les droïdes en tous genres, c’est toute une foule bigarrée qui compose
le peuple d’Ordane. Dans ce second tome, le ton reste le même, humour à tous les coins de cases, second degré chaudement recommandé ! C’est un monde de light fantasy avec une pointe de
steampunk, burlesque et parfois mordante qui vous ouvre les bras.
Les talents conjoints de Dana Dimat au dessin et Stefania Aquaro à la colorisation s’accordent parfaitement au type de récit. Le trait est enlevé, soigné, l’énergie transpire des planches, les expressions des personnages sont succulentes, le ridicule des costumes et perruques de la noblesse est délectable. L’ironie est rendue avec une fabuleuse exactitude ! Les créatures imaginaires et les
inventions merveilleuses prennent vie sous la patte experte de la dessinatrice. L’ensemble est chatoyant, les couleurs vives des tenues et des décors accentuant souvent la part humoristique ainsi
que le foisonnement de détails de chaque vignette.
Le chapitrage, en plus d’être pratique, est à lui seul un plaisir : les dessins en médaillons sont tendres et amusants avec un petit côté manga très attrayant. Quant à l’épilogue, laissez-moi vous dire que
vous ne l’aurez pas vu venir !
Pour l’univers fantastique baroque, riche et créatif autant que pour l’amusement des situations cocasses, je vous conseille vivement de prendre un billet pour ce monde… qui ne voulait plus tourner !!
Chronique de Louna Angèle


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