LA THEORIE DU K.O.

Notre futur. Après des années de crises sanitaires, économiques et écologiques, la Terre est marquée par les affrontements entre les partisans des Green Riot et les forces de l’ordre. Suite à un énième scandale sanitaire dévoilé par des activistes de C.H.A.O.S., la guerre civile éclate entre gouvernements pro nano-vaccin et populations en quête de vérité.

15 ans plus tard, les sociétés se sont scindées en deux : d’un côté les mégalopoles soumises à des contrôles sanitaires et sécuritaires drastiques, de l’autre des groupes ruraux désirant un mode de vie plus simple,sans surveillance constante. Entre les deux, des zones tampons comme la ville de Bajara où tout se marchande.

Vivant sur une île proche, Karl et la jeune Beck profitent de jours paisibles entre entraînement, éducation et culture du sol. Alors que le mentor de l’adolescente disparaît, celle-ci décide d’aller en ville pour essayer de retrouver la piste de son père adoptif. Et quand elle découvre qu’il est le Vagabond, un combattant célèbre de la Cage, elle n’a d’autre choix que de commencer son enquête par les compétitions de combats.

Présent depuis plus de 20 ans maintenant dans le milieu de la BD francophone, Matthieu Reynes s’est fait connaître notamment grâce aux très bonnes séries que sont Alter Ego ou encore Harmony. Après la fin de sa série jeunesse, l’auteur avait annoncé son nouveau titre via un site internet dédié le proposant au format webcomic. Désormais publié par Éditions Dupuis, dans la collection Vega-Dupuis « Bienvenue à Bajara » plante le décor de son nouvel univers

Le pitch de départ annonce clairement la couleur, puisant son inspiration dans les récentes crises sanitaires et gouvernementales et les avertissements d’effondrement de la biodiversité. Mais là où le récit aurait pu partir sur du post-apocalyptique anxiogène, le bédéiste prend le parti de nous emmener dans une ambiance quasi bucolique avec l’histoire de Beck élevée dans un havre de nature. Avec la Cage et ses combats de gladiateurs boostés, difficile de ne pas comparer avec le manga Gunnm mais là encore, le ton de l’auteur évite le côté sombre et nous amène une certaine candeur dans les réactions de l’héroïne et celles des personnages qui l’assistent.

Côté graphique, l’artiste a parfait son trait dans ce titre ne s’appuyant sur aucune couleur. En s’inspirant du shonen et du découpage manga, l’auteur a fait la part belle aux scènes d’action. Présentes dans chaque chapitre, celles-ci sont ultra-lisibles et bien rythmées sans s’éterniser, contribuant au dynamisme du récit.

Associé à Vincent Quirin pour les décors, les arrière-plans des environnements urbains, des paysages ou encore la Cage sont tous travaillés et contribuent à l’ambiance aboutie de ce manfra.

Pour un premier coup d’essai dans le manga à la française, l’auteur signe là un très bon premier tome rendant hommage aux shonen dans ce qu’ils ont de meilleur. Avec un scénario classique mais efficace et sans se limiter à un simple manfra de baston, les quelques pistes scénaristiques distillées suffisent à attirer l’attention sur des sujets plus sociétaux.

En bref, vivement la suite des aventures de Beck pour en apprendre plus sur toutes les pistes intégrées par Matthieu Reynès dans la Théorie du K.O. Et connaître l’histoire de l’adolescente.

Chronique de l.avis.de.marrsh / Marrsh

© éditions Vega / Dupuis, 2023.

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